En résumé
- Changer de fournisseur est gratuit, sans coupure et sans engagement, aucun frais ne peut vous être réclamé pour ce seul motif
- Vous n’avez qu’une démarche à faire, souscrire chez le nouveau, qui résilie automatiquement l’ancien contrat
- L’erreur à ne jamais commettre est de résilier soi-même avant d’avoir souscrit ailleurs, cela provoque une coupure facturée
- Un prix bloqué n’est pas un engagement de durée, vous restez libre de partir quand vous voulez
- Le comparateur du médiateur national de l’énergie reste la référence indépendante pour comparer les offres
Beaucoup de ménages repoussent ce changement en imaginant des démarches compliquées, un technicien à faire venir, une coupure de courant le jour du basculement. La réalité est nettement plus simple, et c’est sans doute ce qui explique que tant de foyers paient leur électricité plus cher que nécessaire… Voici comment procéder concrètement, quels critères comptent vraiment, et surtout la seule erreur qui puisse vous coûter cher.
Quels critères regarder avant de choisir son fournisseur
Avant même de comparer les prix, il faut savoir ce que l’on compare, car les offres se ressemblent beaucoup sur le papier. Un bon réflexe consiste d’ailleurs à ouvrir un parcours de souscription avant de se décider, pour voir ce qui sera réellement demandé. La page engie souscription détaille ainsi les informations à réunir, et l’on retrouve à peu près les mêmes chez tous les opérateurs.
Trois critères comptent réellement. Le type de prix d’abord, fixe ou indexé, qui déterminera votre exposition aux variations du marché. L’origine de l’électricité ensuite, si le sujet vous importe. La qualité du service client enfin, qu’on néglige jusqu’au jour où l’on a besoin de joindre quelqu’un.
Ce que recouvre vraiment une offre d’électricité verte
Le sujet mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est mal expliqué presque partout. L’électricité qui arrive chez vous provient du réseau national, un pot commun où se mélangent nucléaire, hydraulique, éolien, solaire et centrales thermiques. Physiquement, personne ne peut vous livrer des électrons verts en particulier, et aucun fournisseur ne tire de ligne directe entre une éolienne et votre compteur.
Le système repose donc sur les garanties d’origine, des certificats émis pour chaque mégawattheure renouvelable produit en Europe. Un fournisseur qui vend une offre verte achète autant de certificats qu’il vend de kilowattheures. La nuance qui compte, c’est que ces certificats se négocient séparément de l’électricité. Certains fournisseurs achètent réellement leur énergie à des producteurs renouvelables français, d’autres se contentent d’acheter les certificats. Si l’origine vous tient à cœur, cherchez ce que le fournisseur produit et achète vraiment, pas seulement ce qu’il affiche.
Prix fixe ou prix indexé, ce qui change pour votre facture
Un prix indexé suit une référence, le plus souvent le tarif réglementé, avec une réduction annoncée en pourcentage. Il baisse quand la référence baisse, mais il monte aussi quand elle monte. Un prix fixe, lui, verrouille le prix du kilowattheure hors taxes pour une durée déterminée, un, deux ou trois ans selon les offres.
Deux précisions honnêtes. Le blocage ne porte que sur la part fourniture, jamais sur les taxes ni sur l’acheminement, qui continuent d’évoluer de leur côté. Et un prix fixe vous protège d’une hausse, mais vous prive d’une baisse éventuelle. C’est un choix de tranquillité, pas une garantie d’économie.
Électricité, gaz ou les deux, que choisir
Le titre de cet article parle d’énergie et non d’électricité seule, car un foyer sur trois environ se chauffe au gaz. Or les règles sont les mêmes tout en présentant quelques spécificités qu’il vaut mieux connaître.
Ce que recouvre une offre de gaz vert
Le biométhane, appelé aussi gaz vert, est produit par fermentation de matières organiques, déchets agricoles, boues de station d’épuration ou biodéchets, puis injecté dans le réseau. Comme pour l’électricité, il se mélange au gaz fossile dans les canalisations et le suivi se fait par certificats.
Une différence de taille avec l’électricité mérite votre attention. Les offres de gaz vert sont très majoritairement partielles, une part seulement de votre consommation est compensée par du biométhane certifié, souvent cinq ou dix pour cent. Lisez donc le pourcentage annoncé plutôt que l’appellation commerciale, l’écart entre deux offres dites vertes peut être considérable.
Faut-il regrouper ses deux contrats
C’est l’arbitrage classique de l’offre duale, qui réunit électricité et gaz chez un même fournisseur. L’avantage est celui de la simplicité, une seule facture, un seul interlocuteur, un seul espace client, et parfois une remise sur le second contrat.
L’inconvénient est arithmétique. En séparant les deux, vous pouvez viser le meilleur tarif sur chaque énergie, et le fournisseur le plus compétitif sur l’électricité l’est rarement aussi sur le gaz. La bonne méthode consiste donc à comparer les deux scénarios sur votre consommation réelle, puis à décider si le confort de gestion vaut l’écart constaté.
Pourquoi un prix bloqué protège le budget, et ce qu’il ne protège pas

Après les années de flambée que nous avons traversées, la question de la visibilité budgétaire est devenue centrale dans le choix d’une offre. Et il y a une confusion très répandue à lever d’emblée.
Beaucoup de gens renoncent à une offre à prix fixe sur trois ans en croyant s’enchaîner pour trois ans. C’est faux. Depuis la loi NOME de 2010, TOUS les contrats d’énergie des particuliers sont sans engagement de durée. Le mot fixe porte sur le prix, pas sur votre liberté. Vous pouvez souscrire une offre bloquée trois ans et en partir au bout de deux mois, sans frais et sans justification ! Croyez-moi, cette nuance mérite d’être connue avant de renoncer à une protection utile.
Ce qu’un prix bloqué vous apporte, c’est la capacité d’établir un budget annuel qui tienne. Ce qu’il ne vous apporte pas, c’est l’immunité totale, puisque les taxes et le tarif d’acheminement évoluent indépendamment. Votre facture peut donc bouger un peu, même avec un prix de fourniture verrouillé.
Reste surtout un levier qu’aucun contrat ne remplacera, celui du volume consommé. Changer d’offre agit sur le prix du kilowattheure, jamais sur le nombre de kilowattheures que réclame votre logement. Si vous vivez en immeuble, les décisions qui pèsent le plus se prennent d’ailleurs collectivement, et nos repères sur les priorités d’une rénovation énergétique en copropriété aident à savoir par quoi commencer avant d’engager des budgets conséquents.
Les étapes pour changer de fournisseur sans coupure ni frais
Passons à la pratique, et vous allez voir que c’est bien plus court qu’on ne l’imagine. Depuis l’ouverture du marché aux particuliers en 2007, un principe fondateur s’applique, la commercialisation et la distribution sont deux métiers séparés.
Votre compteur reste le même, votre raccordement reste le même, et c’est toujours Enedis pour l’électricité ou GRDF pour le gaz qui achemine l’énergie jusqu’à chez vous, quel que soit le nom inscrit sur votre facture. Changer de fournisseur ne modifie que le contrat commercial. Aucun technicien ne se déplace, aucun boîtier n’est remplacé.
Réunir ses informations avant de commencer
Trois éléments suffisent. Une facture récente de votre fournisseur actuel, qui vous donnera votre consommation annuelle en kilowattheures et votre puissance souscrite. Un RIB si vous souhaitez le prélèvement automatique. Et surtout votre numéro de point de livraison.
Ce numéro à quatorze chiffres s’appelle PDL sur un compteur électrique classique, PRM sur un compteur Linky, et PCE pour le gaz, que votre compteur soit ancien ou de type Gazpar. Vous le trouverez sur votre facture, ou directement sur l’écran de votre Linky en appuyant sur la touche de défilement jusqu’à voir apparaître la mention. Il identifie votre logement sur le réseau et reste attaché au logement, pas à vous.
Souscrire chez le nouveau, et ne rien résilier soi-même
Voici le point le plus important de tout cet article. Vous n’avez qu’UNE seule démarche à accomplir, souscrire le contrat chez le fournisseur que vous avez choisi. Celui-ci prévient le gestionnaire de réseau, ce qui résilie automatiquement votre ancien contrat. Vous n’avez ni courrier à envoyer, ni appel à passer, ni négociation à mener avec votre fournisseur actuel.
Et voici l’erreur à ne JAMAIS commettre. Si vous résiliez vous-même votre contrat actuel avant d’avoir souscrit ailleurs, vous provoquez une coupure réelle de votre alimentation. Il faudra alors payer l’intervention d’un technicien pour remettre le courant, alors que la démarche correcte ne coûte rien du tout ! On résilie l’ancien en souscrivant le nouveau, jamais l’inverse.
| Ce que vous devez faire | Ce dont vous n’avez pas à vous occuper |
|---|---|
| Souscrire chez le nouveau fournisseur | Résilier l’ancien contrat, c’est automatique |
| Fournir votre PDL ou PRM et un RIB | Changer de compteur ou faire venir un technicien |
| Transmettre un relevé si compteur classique | Relever l’index avec un compteur Linky |
| Vérifier la facture de clôture reçue ensuite | Payer des frais, la démarche est gratuite |
Locataire, déménagement, les cas particuliers
Deux situations méritent d’être distinguées, car on les confond souvent. Si vous êtes locataire, sachez que le contrat d’énergie est le vôtre et non celui du propriétaire. Vous pouvez donc changer de fournisseur quand vous le souhaitez, sans le prévenir ni lui demander quoi que ce soit, du moment que le compteur est à votre nom.
Le déménagement ne relève pas du même mécanisme, et c’est une confusion fréquente. Il ne s’agit plus d’un changement de fournisseur mais d’une résiliation à l’ancienne adresse suivie d’une mise en service à la nouvelle. Là, vous devez bien prévenir votre fournisseur de votre départ, et souscrire pour le nouveau logement en anticipant de quelques jours. C’est d’ailleurs l’un des rares cas où des frais de mise en service peuvent s’appliquer.
Côté délais, comptez vingt et un jours au maximum, et souvent bien moins avec un compteur communicant. Vous pouvez d’ailleurs choisir la date de bascule. Votre ancien fournisseur vous adressera ensuite une facture de clôture pour solder vos consommations passées, à vérifier comme toute facture.
Les repères officiels et les recours en cas de problème
Terminons par ce qui vous protège, car ce marché est aussi celui du démarchage insistant et il vaut mieux connaître ses appuis avant d’en avoir besoin.
Pour comparer les offres, le plus sûr reste le comparateur du médiateur national de l’énergie, une autorité publique indépendante. Il n’est financé par aucun fournisseur, contrairement à bon nombre de comparateurs privés rémunérés à l’apport d’affaires. Munissez-vous de votre consommation annuelle réelle pour obtenir une simulation qui ait du sens.
Retenez également deux protections. Vous disposez d’un droit de rétractation de quatorze jours après toute souscription à distance ou à la suite d’un démarchage. Et si vous constatez un changement de fournisseur auquel vous n’avez jamais consenti, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit, le médiateur national de l’énergie peut être saisi. Enfin, gardez en tête cette liberté fondamentale, vous pouvez changer autant de fois que vous le souhaitez, y compris revenir chez un fournisseur que vous aviez quitté.
Questions fréquentes
Changer de fournisseur d’énergie est-il payant ?
Non, la démarche est entièrement gratuite pour les particuliers. Aucun frais ne peut vous être réclamé au seul motif que vous changez de fournisseur, et les frais de résiliation sont interdits puisque tous les contrats résidentiels sont sans engagement. Vous continuez simplement à payer votre consommation jusqu’à la date de bascule.
Y a-t-il une coupure de courant lors du changement ?
Aucune, à condition de suivre le bon ordre. Le gestionnaire de réseau garantit la continuité de l’alimentation quel que soit le fournisseur retenu. En revanche, si vous résiliez vous-même votre contrat avant d’avoir souscrit ailleurs, la coupure est bien réelle et la remise en service vous sera facturée.
Où trouver son numéro PDL ou PRM ?
Sur votre facture d’électricité, dans les informations relatives à votre contrat. Avec un compteur Linky, il apparaît aussi sur l’écran en appuyant sur la touche de défilement jusqu’à la mention correspondante. Il s’agit d’une suite de quatorze chiffres qui identifie votre logement sur le réseau, et qui reste attachée au logement en cas de déménagement.
Une offre à prix fixe engage-t-elle sur toute sa durée ?
Non, et c’est une confusion très fréquente. Depuis la loi NOME de 2010, les contrats d’énergie des particuliers sont tous sans engagement de durée. Une offre à prix fixe sur trois ans verrouille le prix du kilowattheure, pas votre liberté de partir. Vous pouvez la quitter à tout moment, sans frais ni pénalité.




